Les bases de l’édition — Les polices

On arrive à présent dans la dernière partie théorique, mais dans une partie un peu plus amusante, on va parler des polices !

Si vous nous rejoignez, les polices seront déjà définies dans un fichier de styles (nous verrons cela au prochain chapitre), mais d’autres éléments présentés dans ce guide vous seront utiles.


La police de base

À de rares exceptions sur des séries historiques de la MMT, nous utilisons principalement CC WildWords comme notre police de base.

Rien ne vous empêche d’en utiliser une autre (à condition de respecter les règles énoncées plus loin), mais pour vous expliquer notre choix : c’est une référence dans le milieu de l’édition, elle est mise à jour régulièrement et contient une très large palette de caractères spéciaux supportés, ce qui vous assure de ne pas être coincé le jour où vous voudrez écrire des caractères comme ceux-ci :

Car les webtoons possèdent plus d’espace, on peut se permettre, dans ce cas précis, d’utiliser CCWildWordsLower, une variante comportant des minuscules :

Comme alternatives, on pourra citer, par exemple, CCVictory Speech et Spinner Rack BB.


Les styles de base

Nous avons défini notre police de base comme étant CC WildWords, et nous pouvons déjà créer avec elle trois styles qui composeront la majorité de nos textes.

Pour les dialogues, nous pouvons utiliser CC WildWords en Regular :

Pour la narration ou les pensées, en Italic :

Pour hausser le ton ou mettre en valeur des propos, en Bold Italic :

En revanche, la variante Bold a peu d’intérêt, même si on peut parfois avoir besoin de l’utiliser ponctuellement (par exemple pour mettre en emphase une partie d’un texte en Bold Italic).

Ensuite, vous aurez certainement besoin d’une ou plusieurs polices pour les effets spéciaux qui reviendront régulièrement au cours de la série. Nous ne serons pas opiniâtrés sur le sujet donc nous nous n’étendrons pas sur la multitude de polices qui existe : Blambot, Comicraft, Kimberley Genswein, etc. En revanche, nous allons vous donner quelques conseils pour bien choisir votre police.


Vérifications à faire avant de choisir une nouvelle police

Si on a besoin d’une autre police, on privilégie toujours une police possédant une large palette de caractères. En effet, nous sommes amenés à utiliser un certain nombre de caractères de bases qui ne sont pas toujours supportés :

  • Dans des mots français : ex-æquo, cœur, écrire, grâce, prêter, hôpital, dû, à, décès, où, aïe, ambigü.
  • Dans la typographie, on trouve aussi : les guillemets anglais “”, français « et », l’apostrophe française ’ ou encore les points de suspension…
  • Mais aussi, japonais oblige parfois, des mots étrangers comme Kinzō, Kaijū, etc, ou parfois même des kanji/katakana/hiragana lorsqu’on voudra donner des explications sur une traduction ou expliquer une énigme qui repose sur la langue.
    • Mais bon, si une police vous fait vraiment de l’œil, et que vous ne pouvez pas faire cette dernière règle, on tolèrera un accent circonflexe à la place du macron.

Un logiciel comme Fontbase permet de comparer d’un coup d’œil les polices :

Si ma phrase-type (qui ne veut rien dire, hein) vous intéresse pour vos tests : « Vælémœ l’étârêlôûn à étè “ùnïpü” mamōnū… »


Quelle police pour quel usage ?

Lorsque l’on souhaite marquer une intonation différente, c’est généralement le moment d’utiliser une police différente.

On peut repérer ces cas avec le support d’origine, mais aussi via la forme de la bulle (regardez bien dans les exemples ci-dessous).

Pour des voix différentes :

Pour l’énervement :

Pour les voix robotiques, notamment dans les communications électroniques (telles que talkie-walkie, appels téléphoniques, SMS, mail, ordinateur, etc) :

Police utilisée : Zekton

On utilise aussi des polices particulières pour les effets spéciaux, mais nous aurons l’occasion de voir comment nous en servir lors du guide dédié.


Lisibilité

Outre la nécessité d’utiliser des polices adaptées à l’interlocuteur, il est essentiel que ces dernières soient lisibles « de loin ». Vous travaillez sur écran de bureau mais vos lecteurs seront pour la plupart sur téléphone. Il faut leur éviter de devoir zoomer en permanence.

Par ailleurs, une police trop fantaisiste demande un temps de lecture supérieur, ce qui est très désagréable.

Honnêtement, cette police a dû demander du temps à concevoir mais peut-on raisonnablement l’utiliser pour de la bande dessinée ?

Pour tester, vous pouvez aussi mettre votre image à 50 %, lisez-vous toujours aussi bien ?


L’usage de majuscules

Comme on l’a vu, on utilise des polices toutes en majuscules, en revanche, on ne force jamais, ô grand jamais, des majuscules sur une police conçue avec des minuscules.

Texte avec une police naturellement en majuscules

Texte avec la même police capitalisée

Vous voyez la différence principalement sur le I, mais il y a d’autres subtilités qui rendent la lecture moins agréable d’être tout en capitales.

Alors, par pitié, ne cliquez jamais sur ce bouton de Photoshop :


Mots d’origine étrangère

Lorsqu’un mot au milieu d’une phrase est d’origine étrangère, on le met en Italic :

Ou si le texte est déjà en italique, on enlève l’italique :

Si une phrase complète est d’origine étrangère, on la met entre chevrons :

On trouve des phrases sordides dans Umineko…

Et voilà, c’est tout pour le moment ! Passons à présent à la pratique !

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